Le Premier ministre Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo a signé le 1ᵉʳ juin 2026 une circulaire ordonnant l’usage systématique du terme « camarade » dans les correspondances administratives, les discours et toutes les communications officielles de l’État.
Une directive claire et immédiatement applicable
Le texte ne laisse pas de place à l’interprétation. Il est adressé aux membres du gouvernement, aux présidents d’institutions et aux responsables de l’administration publique. Ceci avec une injonction à l’application stricte dans l’ensemble des ministères et institutions relevant de l’État.
Dans sa circulaire, le chef du gouvernement justifie la mesure en ces termes. « Il importe de veiller à ce que notre langage officiel reflète l’esprit d’égalité, de fraternité combattante et de solidarité active entre les dirigeants et le peuple en marche vers l’édification d’un Burkina Faso nouveau. »
La portée de la directive est cependant limitée au langage. Elle ne prévoit aucun changement structurel dans l’administration. C’est une réforme du vocabulaire, pas des institutions.
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Déjà visible sur le terrain
Le lendemain même de la circulaire, les effets étaient perceptibles. Dans un communiqué daté du 2 juin 2026, la présidence du Faso désignait officiellement le chef de l’État sous l’appellation « Camarade Capitaine Ibrahim Traoré ». Le secrétaire général du ministère de l’Administration territoriale et de la Mobilité était lui aussi désigné comme le « Camarade Saïdou Sankara » dans un document officiel.
Dans les faits la mesure vise désormais à étendre et à uniformiser cette pratique. Celle-ci est déjà visible depuis plusieurs mois dans les communications des autorités, dans l’ensemble de l’appareil d’État.
Un héritage sankariste assumé
Le choix du terme n’est pas anodin. En effet, il renvoie directement à la période révolutionnaire de Thomas Sankara. Entre 1983 et 1987, cette appellation était largement utilisée dans les institutions publiques et les organisations de masse. Ceci pour symboliser l’égalité entre citoyens et la proximité entre dirigeants et peuple.
Près de quarante ans plus tard, les autorités de la transition l’inscrivent dans le cadre de la Révolution progressiste populaire. Le projet politique qu’elles portent d’ailleurs depuis leur arrivée au pouvoir.
Des avis partagés dans l’opinion
L’annonce ne laisse pas indifférent. Sur les réseaux sociaux par ailleurs, certains Burkinabè saluent un geste qui ancre davantage l’action publique dans les valeurs de solidarité nationale. D’autres s’interrogent sur la portée concrète d’une telle mesure face aux défis sécuritaires, économiques et sociaux qui restent entiers.
Reste une question pratique : comment les fonctionnaires, les agents de l’État et les citoyens vont-ils s’approprier au quotidien cette nouvelle appellation ? C’est sur le terrain, dans les bureaux et les prises de parole officielles, que la directive sera véritablement mise à l’épreuve.
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