Le Bénin franchit une étape importante de son évolution institutionnelle avec l’installation officielle de la première mandature du Sénat. Ce jeudi 30 juillet 2026, les 25 premiers sénateurs prêtent serment, donnant ainsi vie à la deuxième chambre du Parlement créée à la faveur de la révision constitutionnelle de décembre 2025.
Au-delà de son caractère historique, cette première composition du Sénat se distingue par plusieurs dispositions exceptionnelles qui la rendent unique dans l’histoire politique du pays.
Une première mandature sans limite d’âge effective
L’une des principales singularités de cette première législature concerne l’âge des sénateurs. La Constitution révisée fixe normalement à 85 ans l’âge maximal pour exercer les fonctions de sénateur.
Toutefois, une disposition transitoire prévoit une exception pour cette première mandature. Les sénateurs installés en 2026 pourront accomplir l’intégralité de leur mandat de cinq ans, indépendamment de leur âge.
Cette mesure ouvre la voie à la participation de plusieurs personnalités emblématiques de la vie politique et institutionnelle béninoise. Parmi elles figurent notamment Nicéphore Dieudonné Soglo, Élisabeth Pognon, Robert Dossou, Bruno Amoussou et Adrien Houngbédji, tous appelés à siéger au sein de la nouvelle institution.
Une composition exceptionnelle entre membres de droit et personnalités désignées
Autre particularité : la composition même de cette première mandature. Le Sénat compte 25 membres, répartis entre 11 membres de droit et 14 personnalités désignées.
Les membres de droit sont constitués d’anciens hauts responsables de l’État, notamment les anciens présidents de la République encore en vie, les anciens présidents de l’Assemblée nationale ainsi que les anciens présidents de la Cour constitutionnelle ayant exercé au moins la moitié de leur mandat.
Parmi eux figurent notamment Nicéphore Soglo, Thomas Boni Yayi et Patrice Talon, qui siègeront aux côtés d’autres anciennes autorités de premier rang.
Les 14 autres sièges ont été attribués au début du mois de juillet. Dix personnalités ont été désignées par le président de la République, Romuald Wadagni, tandis que quatre autres l’ont été par le président de l’Assemblée nationale, Joseph Djogbénou, conformément aux dispositions constitutionnelles en vigueur.
Un Sénat installé provisoirement au Palais des Gouverneurs
La troisième spécificité de cette première mandature concerne le fonctionnement matériel de l’institution. À sa création, le Sénat ne dispose pas encore d’un siège propre.
Pour assurer son démarrage, les autorités ont retenu une solution transitoire : les installations de l’Assemblée nationale, au Palais des Gouverneurs à Porto-Novo, accueillent la cérémonie d’installation ainsi que les premiers travaux de la chambre haute.
Cette cohabitation devrait se poursuivre jusqu’à la mise en place d’un siège définitif destiné au Sénat.
La mise en place du Sénat représente l’une des réformes institutionnelles majeures introduites par la révision constitutionnelle de 2025. Avec cette nouvelle chambre parlementaire, le Bénin renforce son architecture institutionnelle et ouvre une nouvelle phase de son organisation politique.
Lire aussi :

