La révision de la constitution au Sénégal est devenue le nouveau point de friction entre le président Bassirou Diomaye Faye et le président de l’Assemblée nationale Ousmane Sonko. Alors que les deux hommes avaient porté ensemble le projet de rupture incarné par Pastef, leurs divergences se sont affichées au grand jour lors de l’examen de la proposition de révision de la Constitution. Au cœur du désaccord figure la volonté du chef de l’État de soumettre le texte à un référendum, une option rejetée par une partie de la majorité parlementaire.
Avant l’ouverture des débats, le président Bassirou Diomaye Faye a transmis un message aux députés. Il y réaffirmait sa volonté de consulter directement le peuple par référendum après l’adoption du texte par l’Assemblée nationale.
Pour le chef de l’État, cette démarche devrait permettre de donner une forte légitimité populaire à une réforme touchant aux institutions de la République. Le gouvernement avait également proposé plusieurs amendements afin d’ajuster certaines dispositions du projet avant son adoption définitive.
Une majorité parlementaire qui refuse les amendements
Cependant, les députés de la majorité ont rejeté plusieurs amendements défendus par le gouvernement. Ce vote a surpris de nombreux observateurs, car il a mis en évidence des divergences au sein même du camp au pouvoir.
La majorité a finalement adopté le texte issu de la proposition initiale. Ce choix a ouvert un débat sur la suite de la procédure et sur le rôle du président dans ce processus.
Sonko assume ses divergences
Au cours des débats, Ousmane Sonko a pris la parole pour défendre la position de la majorité parlementaire. Il a estimé que certaines dispositions du projet ne devaient pas être modifiées au dernier moment.
Le président de l’Assemblée nationale a notamment insisté sur les engagements pris devant les Sénégalais pendant la campagne électorale. Selon lui, les réformes relatives à la transparence de la vie publique, à la déclaration de patrimoine ou encore au fonctionnement des institutions doivent être appliquées sans recul.
Son intervention a été largement commentée. Beaucoup y ont vu une réponse directe aux choix défendus par le président de la République.
Une rupture désormais assumée
Cette séquence politique confirme l’existence d’un véritable bras de fer entre les deux principales figures du pouvoir sénégalais. Depuis plusieurs semaines, les désaccords se multiplient sur la conduite des réformes et sur le fonctionnement des institutions.
La question du référendum est ainsi devenue le symbole de ces divergences. D’un côté, Bassirou Diomaye Faye souhaite associer les citoyens à cette réforme majeure. De l’autre, Ousmane Sonko et une partie de la majorité estiment que la procédure parlementaire suffit pour permettre l’entrée en vigueur du texte.
Des conséquences politiques importantes
Au-delà du débat juridique, cette confrontation pourrait avoir des répercussions durables sur la vie politique sénégalaise. Les partenaires du pouvoir observent avec attention l’évolution des relations entre les deux dirigeants, tandis que l’opposition dénonce une crise au sommet de l’État.
Dans le même temps, plusieurs observateurs appellent au dialogue afin d’éviter un blocage institutionnel. Les prochaines décisions du président seront donc particulièrement scrutées, notamment concernant le sort réservé au texte adopté par l’Assemblée nationale.
Une chose est certaine : cette révision de la constitution au Sénégal marque un tournant politique majeur. Elle révèle des divergences jusque-là peu visibles entre les principaux responsables de l’exécutif et ouvre une nouvelle phase dans la gouvernance du Sénégal.

