Réunie en audience publique ce jeudi 5 février 2026, la Cour constitutionnelle du Bénin a statué sur le sort parlementaire du député Michel Sodjinou. Au cœur des débats : la notion de « dignité de confiance » d’un élu de la nation suite à un revirement politique majeur dans le cadre des parrainages pour la présidentielle.
Un grief fondé sur la versatilité politique
L’affaire trouve son origine dans une requête déposée par le sieur Ousmane Gomè Gomè. Ce dernier contestait le maintien de Michel Sodjinou, élu dans la 22ᵉ circonscription électorale, au sein de l’hémicycle. Le requérant invoquait une rupture de confiance manifeste, consécutive au retrait surprise du parrainage que le député avait initialement accordé au candidat du parti Les Démocrates.
Selon les arguments présentés par le requérant, ce désistement de dernière minute survenu à la veille de la clôture du dépôt des candidatures pour l’élection présidentielle de 2026 ne serait pas un simple choix personnel. Il s’agirait d’une « manœuvre politique » orchestrée pour fragiliser la principale force de l’opposition et entraver le processus démocratique. Pour Ousmane Gomè Gomè, un tel comportement disqualifie moralement l’élu, le rendant « indigne » de représenter le peuple souverain.
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Une procédure marquée par l’absence des parties
A l’ouverture de l’audience à 10 heures, sous l’égide du président de la Cour, Dorothé Sossa, un constat de carence a été établi. Selon les informations rapportées par Bip Radio, ni l’auteur du recours ni le député mis en cause n’ont répondu à l’appel de la juridiction.
Le rapport de l’audience a d’ailleurs souligné le mutisme total de Michel Sodjinou. Ce dernier n’a ni déféré à la convocation de la Haute juridiction, ni transmis d’observations écrites pour justifier son acte ou réfuter les accusations de manœuvre politique portées contre lui.
Le verdict : L’irrecevabilité comme rempart juridique
Après avoir examiné les pièces du dossier et entendu les conclusions du rapporteur, les sages de la Cour ont tranché de manière radicale. La requête a été déclarée irrecevable.
Si les motifs détaillés de cette irrecevabilité relèvent souvent de la technicité juridique (défaut de qualité pour agir, non-respect des délais ou incompétence de la Cour sur le fond de l’éthique parlementaire), cette décision met un terme définitif à la procédure. Michel Sodjinou conserve son siège au Palais des Gouverneurs, malgré la tempête politique que son retrait de parrainage a suscitée.

