Dans la capitale sénégalaise, ce 1ᵉʳ février 2025, ce sont deux corps de métiers qui ont décidé de se parler pour « restaurer la confiance ». Une rencontre décisive entre policiers et journalistes en vue de faire taire les guéguerres du passé et de repartir sur la base d’une bonne collaboration.
La rencontre est initiée par la police sénégalaise qui veut trouver une solution en de bien meilleures collaborations avec les professionnels des médias à l’avenir. Présente à cette rencontre, Absa Hann, journaliste frappée par un policier en février 2024 sur le théâtre des manifestations qui ont éclaté dans le pays suite au report de l’élection présidentielle. Une situation qui a davantage dégradé les relations entre les forces de sécurité publique et la presse.
Plus de 200 policiers, tous grades confondus, en uniforme ont pris part à la rencontre avec les journalistes. La police reconnaît être allée souvent trop loin, en violentant des journalistes lors des opérations de maintien de l’ordre public. Et pour le commissaire Ndiaga Diop, il y avait vraiment besoin de se parler. « Les tensions passées entre la police et les journalistes nécessitent d’être désamorcées. Il y a également un besoin urgent de restaurer la confiance entre les deux corps de métier », a laissé entendre le commissaire de police.
lire aussi :
Vers une « escalade imprévisible » entre le Rwanda et la RD Congo ?

Ensemble, hommes en uniformes et homme de plumes ont mûri leur réflexion pour trouver des solutions. De leurs concertations, il est déjà retenu la mise en place d’une zone de sécurité pour les journalistes sur les théâtres d’opérations. En dehors de leurs accréditations, les journalistes assurant la couverture médiatique de manifestations politiques ou publiques devront arborer des gilets de presse. Des formations devront être régulièrement organisées au profit de journalistes et policiers sur leurs contraintes professionnelles et opératoires.
Selon Ibrahima Lissa Faye, journaliste et responsable d’une association de presse, au moins une soixantaine de journalistes ont été brutalisés et leurs matériels détruits par des policiers.

