Bénin : La justice tranche, le nouveau visage des Démocrates confirmé

Eric Houndété déchu de Les Démocrates

Le principal parti d’opposition béninois, Les Démocrates (LD), respire enfin. Après des semaines d’incertitude et une bataille judiciaire qui menaçait de faire imploser la formation, le tribunal de Cotonou a rendu son verdict dans la soirée du mercredi 29 avril. La justice a débouté Éric Houndété, confirmant ainsi la légitimité de la nouvelle direction conduite par Nourénou Atchadé.

Une crise de succession après l’ère Yayi

Depuis le retrait de son fondateur et figure tutélaire, l’ancien président Boni Yayi, le parti traversait une zone de turbulences majeures. Entre démissions en cascade et ralliements de certains cadres à la mouvance présidentielle de Patrice Talon, l’unité de l’opposition semblait plus que jamais fragilisée.

Le point de rupture a été atteint lors du conseil national du 22 mars dernier. À l’issue de cette rencontre, le vice-président Éric Houndété s’était vu écarté au profit de Nourénou Atchadé, désigné pour reprendre les rênes. Contestant la régularité de cette éviction et la procédure de désignation de son successeur, M. Houndété avait choisi de porter l’affaire devant les tribunaux.

Le verdict de la stabilité

La décision rendue ce mercredi marque un tournant décisif. En rejetant la requête d’Éric Houndété, le tribunal valide officiellement les résolutions du conseil national du 22 mars.

« Cette décision de justice vient clore un chapitre de tensions internes pour nous permettre de nous concentrer sur l’essentiel : l’alternative démocratique », a confié un cadre du parti sous couvert d’anonymat.

Si la bataille juridique est gagnée, le plus dur commence pour Nourénou Atchadé. Le nouveau président des Démocrates hérite d’une formation à reconstruire. Ses priorités sont claires :

Stopper l’hémorragie des militants vers le camp présidentiel.

Recoller les morceaux avec la faction restée fidèle à Éric Houndété.

Remobiliser la base en vue des prochaines échéances électorales.

Dans un paysage politique où le pouvoir en place semble solidement ancré, Les Démocrates jouent leur survie en tant que première force de contestation. Pour l’heure, le camp Houndété n’a pas encore officiellement réagi au verdict, mais le signal envoyé par la justice impose désormais une réalité : la page Boni Yayi est bel et bien tournée, et c’est sous l’égide d’Atchadé que le parti devra mener ses futurs combats.

 

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