C’est un véritable coup de tonnerre qui vient d’ébranler le paysage politique béninois. Paul Hounkpè, figure centrale et Secrétaire Exécutif National (SEN) du parti Force Cauris pour un Bénin Émergent (FCBE), a officiellement annoncé sa démission ce mardi 28 avril 2026. Ce départ intervient dans un contexte de crise interne, au lendemain d’une élection présidentielle dont les résultats ont laissé un goût amer aux partisans de la « vague verte ».
C’est par une correspondance sobre, adressée à son adjoint, que Paul Hounkpè a mis fin à plus de six ans de gouvernance à la tête du parti. Arrivé aux commandes dans la tourmente après le départ fracassant du fondateur Boni Yayi, Hounkpè a été l’architecte du maintien de la FCBE dans l’arène légale, au prix de critiques acerbes l’accusant parfois de proximité avec le pouvoir en place.
Dans sa lettre de démission, l’homme d’État ne cache pas la complexité de son héritage :
« Pendant cette période, nous avons connu des hauts et des bas, des succès et des échecs. »
Une lucidité qui sonne comme un aveu de la difficulté de porter le flambeau de l’opposition dans un environnement politique en pleine mutation.
Un bilan électoral en demi-teinte
Le timing de cette décision n’est pas anodin. Les chiffres du dernier scrutin présidentiel sont tombés, et le verdict est sans appel pour le duo qu’il formait avec Rock Hounwanou. Avec seulement 5,73 % des suffrages exprimés au plan national, la FCBE peine à retrouver son hégémonie d’antan. Ce score, bien en deçà des attentes, semble avoir accéléré une remise en question devenue inévitable.
Retraite définitive ou recul stratégique ?
Si certains voient dans ce geste l’aveu d’un échec, Paul Hounkpè présente sa démission comme une étape de « réflexion profonde ». Loin de quitter définitivement la scène, l’ancien Chef de file de l’opposition (CFO) dit vouloir prendre du recul pour mieux définir ses engagements futurs.
Il a notamment précisé qu’il s’agissait de s’interroger sur la manière dont il pourrait être à nouveau « utile au groupe et à la nation ». Un langage qui suggère une mise en jachère politique plutôt qu’une fin de carrière.
Paul Hounkpè a tenu à saluer ceux qu’il considère comme le socle de sa légitimité : les militants de base. Remerciant ces derniers pour leur « soutien et la confiance » indéfectibles, il reconnaît que sans cette mobilisation, le parti n’aurait probablement pas survécu aux réformes successives du système partisan.
À quoi ressemblera l’après-Hounkpè pour la FCBE ? Alors que le parti se retrouve aujourd’hui orphelin de son premier responsable, les regards se tournent vers le bureau politique national. La succession est ouverte, et le défi est immense : réinventer un discours capable de séduire à nouveau les Béninois d’ici les prochaines échéances législatives.

