En devenant le premier émetteur souverain africain de l’année 2026, la République du Bénin marque un tournant majeur. Avec le lancement de son premier Sukuk international et la réouverture d’un Eurobond, le pays a levé un total de 850 millions de dollars, confirmant l’attrait croissant des investisseurs pour la signature béninoise.
Le Bénin vient de graver son nom dans les annales de la finance islamique. Dans un contexte de marchés volatils, Cotonou a réussi un coup de maître en émettant son tout premier Sukuk souverain international. Cette opération de 500 millions de dollars US, d’une maturité de 7 ans, fait du Bénin le premier État du continent à franchir ce cap en 2026, ouvrant ainsi un nouveau corridor financier avec les pays du Golfe.
Une ingénierie financière de précision
L’une des particularités de cette émission réside dans son montage technique. Bien que libellé en dollars, le Sukuk affiche un coupon effectif en euros de 4,92 %. Ce résultat a été rendu possible grâce à une opération de couverture de change (swap) intégrale, protégeant l’État contre les fluctuations monétaires.
Parallèlement à cette innovation, le gouvernement a procédé à la réouverture de son Eurobond 2038. Cette extension a permis de lever 350 millions de dollars supplémentaires à un taux de 6,19 % (après couverture en euros). Au total, ce sont 850 millions de dollars qui viennent consolider les caisses de l’État pour l’exercice budgétaire 2026.
Un plébiscite mondial : 7 milliards de dollars d’intentions d’achat
Le succès ne se mesure pas seulement aux montants levés, mais surtout à l’engouement suscité. Le livre d’ordres a culminé à plus de 7 milliards de dollars, soit une sursouscription record de plus de huit fois le montant initialement sollicité.
Cette confiance massive des investisseurs venus d’Europe, des États-Unis, d’Asie et massivement du Moyen-Orient est le fruit d’une offensive diplomatique et financière lancée dès 2025. Les « roadshows » menés à Doha, Abu Dhabi, Dubaï et Londres ont porté leurs fruits, attirant une nouvelle base d’investisseurs institutionnels jusqu’alors peu présents sur la dette béninoise.
« Cette opération illustre la volonté du Gouvernement de diversifier ses sources de financement et de renforcer sa position de référence parmi les émetteurs émergents », indique-t-on du côté des autorités financières.
Pourquoi c’est une victoire pour Cotonou
Au-delà du prestige, cette double opération remplit trois objectifs stratégiques :
■ Optimisation du coût : Les rendements obtenus sont inférieurs aux taux pratiqués sur le marché secondaire, une prouesse en période de volatilité.
■ Gestion de la dette : Le profil de maturité de la dette publique est lissé, offrant plus de flexibilité à long terme.
■ Crédibilité renforcée : En réussissant son entrée dans l’univers de la finance islamique, le Bénin prouve sa capacité d’innovation et la solidité de ses fondamentaux macroéconomiques.
Avec cette levée de fonds, le Bénin couvre une part significative de ses besoins de financement pour l’année 2026, tout en envoyant un signal fort : celui d’une économie résiliente, capable de séduire les places financières les plus exigeantes du globe.
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