Lancée officiellement ce vendredi 27 mars, la campagne électorale pour le scrutin présidentiel du 12 avril 2026 a pris une tournure offensive dès les premières heures. À Cotonou, Paul Hounkpè, candidat des Forces Cauris pour un Bénin Émergent (FCBE), a frappé les esprits par une déclaration martiale devant ses militants. En affirmant avec force qu’« il ne s’agit pas d’un match amical », le chef de file de l’opposition modérée a voulu lever toute ambiguïté sur la nature de sa candidature, perçue par certains observateurs comme un simple faire-valoir face au dauphin désigné de la mouvance, Romuald Wadagni.
Pour le candidat des Cauris, cette élection est un combat de fond pour la restauration du pouvoir d’achat et la refonte de la gouvernance locale. En utilisant la métaphore sportive, Paul Hounkpè répond directement aux critiques qui pointent du doigt l’absence du parti Les Démocrates de la course, une situation qui pourrait donner l’illusion d’une compétition jouée d’avance. En se positionnant comme le véritable rempart contre la continuité du système Talon, il espère capter l’électorat orphelin et transformer ce duel en une confrontation politique de haute intensité.
Au-delà de la rhétorique, le duo Hounkpè – Hounwanou mise sur un programme de proximité axé sur la fin de la privatisation des structures sociales et l’éducation gratuite. Cette sortie musclée marque le début d’un marathon de deux semaines où chaque mot comptera pour mobiliser des électeurs encore marqués par les faibles taux de participation des derniers scrutins. En refusant l’étiquette d’une élection de courtoisie, Paul Hounkpè lance un défi clair à la majorité : la bataille pour la Marina est bel et bien engagée, et elle sera sans concession.
Lire aussi : Crise au parti « Les Démocrates » : Éric Houndété et 21 cadres suspendus pour « dissidence »
Son programme d’action pour la présidentielle de 2026 s’articule autour de quatre axes majeurs :
1. La décrispation politique et l’unité nationale
C’est le point de départ de son offre. Pour mettre fin aux tensions des dernières années, il propose :
La formation d’un gouvernement d’union nationale incluant toutes les forces politiques.
La libération des détenus politiques et le retour des exilés.
L’instauration d’un dialogue permanent avec les syndicats et la société civile pour apaiser le climat social.
2. Une éducation « bouclier social »
Ancien instituteur, Paul Hounkpè fait de l’école une priorité absolue :

Fin de la privatisation des structures sociales universitaires (hébergement, restauration).
Rendre l’enseignement maternel et primaire obligatoire et réellement gratuit.
Fusionner les trois ordres de l’enseignement en un grand pôle d’éducation nationale.
Création massive de lycées techniques et professionnels pour adapter la formation aux besoins du marché local.
3. Souveraineté économique et transformation locale
Face à la cherté de la vie, il mise sur une économie de production :
Création de pôles de transformation agroalimentaire (anacarde, karité, ananas, riz) pour que la valeur ajoutée reste au Bénin.
Soutien direct aux PME par des mécanismes de financement adaptés et la protection des industries locales face aux importations.
Amélioration du climat des affaires pour dynamiser le secteur privé national.
4. Sécurité et Gouvernance de proximité
Fort de son expérience d’ancien maire, il souhaite rapprocher l’État du citoyen :
Poursuite de la création de commissariats de proximité pour lutter contre l’insécurité.
Renforcement de la sécurité aux frontières et dans les parcs touristiques.
Une gestion décentralisée permettant aux communes de porter leurs propres projets de développement.


