Crise au parti « Les Démocrates » : Éric Houndété et 21 cadres suspendus pour « dissidence »

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Ce vendredi 27 mars 2026, le parti Les Démocrates (LD) a officialisé la suspension de 22 de ses responsables de haut rang, dont l’ancien vice-président Éric Houndété. En cause : leur ralliement surprise à la candidature de Romuald Wadagni pour la présidentielle d’avril prochain.

Alors que le pays s’apprête à élire le successeur de Patrice Talon le 12 avril 2026, le parti de l’ancien président Boni Yayi traverse l’une des zones de turbulences les plus critiques de son histoire. La sanction est tombée tel un couperet : Éric Houndété, figure de proue et pilier de la résistance, ainsi que 21 autres cadres dont Judes Lodjou, sont suspendus de toutes les instances du parti.

Le « choc » Wadagni

L’origine de cette purge remonte à la stratégie électorale du parti. Privés de candidat officiel après l’invalidation du duo Agbodjo-Migan par la Cour constitutionnelle, faute de parrainages suffisants, Les Démocrates s’étaient officiellement résolus à une consigne de « non-participation » et à un refus de soutenir tout candidat issu de la mouvance présidentielle.

Cependant, une frange influente menée par Éric Houndété a choisi de briser les rangs. Pour ces « dissidents », le soutien à Romuald Wadagni, représente une « logique réaliste » pour éviter l’isolement total du parti.

« Nous ne pouvons pas rester spectateurs de l’histoire. Romuald Wadagni incarne une forme de renouveau technique qui peut apaiser le climat économique », justifie l’un des cadres sanctionnés, sous couvert d’anonymat.

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Une mesure de « salubrité interne »

Du côté de la direction nationale du parti, désormais dirigée par Nourenou Atchadé, le ton est à la fermeté. Dans le communiqué officiel publié ce matin, la formation dénonce une « violation flagrante de la discipline du parti » et un « mépris des décisions collégiales ».

Pour les instances dirigeantes, ce soutien à un membre clé de la gouvernance actuelle est perçu comme une trahison envers les militants et les leaders toujours en détention, comme Reckya Madougou et Joël Aïvo.

Vers une recomposition de l’opposition ?

Cette vague de suspensions laisse Les Démocrates orphelins de plusieurs de leurs cadres les plus expérimentés. Elle pose surtout la question de la survie de cette formation à l’approche du scrutin.

Fracture idéologique : Le parti se divise entre les « puristes », fidèles à la ligne de rupture totale avec le régime Talon, et les « pragmatiques », désireux d’influencer la transition de 2026 de l’intérieur.

Affaiblissement électoral : Sans consigne de vote claire et avec une direction contestée, le réservoir de voix du parti pourrait s’éparpiller au profit des autres candidats en lice.

À moins d’un mois de la présidentielle, le paysage politique béninois se redessine dans la douleur. Si Romuald Wadagni semble capitaliser sur ces défections pour élargir sa base, le parti Les Démocrates, lui, joue son avenir sur l’autel de sa discipline interne.

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