Débuté dans l’indifférence générale le 16 février dernier à Cotonou, le marathon culinaire du jeune chef béninois Delphin Agbetogan, s’est achevé ce samedi 14 mars 2026 sous une ovation populaire. Après 624 heures de cuisine non-stop, celui que l’on surnomme le « Guépard des fourneaux » entre dans l’histoire, porté par une mobilisation citoyenne inattendue.

Le compteur s’est enfin arrêté. Samedi 14 mars 2026, au Majestic Cinéma de Wologuèdè, Delphin Agbetogan a posé ses spatules après 624 heures de travail acharné. Ce qui ne devait être qu’un défi de 25 jours s’est prolongé de 24 heures supplémentaires, une ultime démonstration de force pour « élever le record si haut qu’aucun pays ne puisse le battre », selon les mots du chef de 25 ans.
De l’ombre à la lumière : le déclic de la solidarité
Tout n’avait pourtant pas commencé sous les meilleurs auspices. Les premiers jours du marathon ont été marqués par un silence médiatique et un manque criant de ressources. Le mardi 17 février, la créatrice de contenu Yénalia lançait un cri de détresse viral sur les réseaux sociaux, s’agenouillant face caméra pour réclamer du soutien : « Il n’y a pas d’assiettes. Il y a des vivres qui manquent. C’est compliqué. »
Cet appel, couplé à la visite solidaire de la cheffe Keith Sonon (détentrice d’une performance de 16 jours en décembre 2025), a agi comme un électrochoc. Dès lors, le site est devenu le point de ralliement d’un élan de générosité sans précédent. Anonymes, artistes et autorités dont le ministre Modeste Tihounté Kérékou et le maire de Cotonou Luc Gnacadja se sont succédé pour encourager le cuisinier.

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Un combat de « mental » pour les orphelins
Au-delà du record, Delphin Agbetogan, lui-même orphelin, a dédié chaque plat préparé à une cause sociale. Durant près d’un mois, le site du marathon est devenu le refuge temporaire de nombreux enfants de la rue et orphelins, nourris gratuitement jour et nuit.
Interrogé sur le secret de cette endurance physique, le président du comité d’organisation, Nasser Abdoul, balaie toute part de mystère :
« Tout est question de mental. Il s’est préparé psychologiquement pour cette cause noble. En plus de cela, il bénéficie d’un suivi médical rigoureux avec des psychologues, un coach sportif et des masseuses. »

L’Afrique à l’assaut du Guinness World Records
Malgré le succès populaire, l’après-marathon s’annonce parsemé de défis logistiques. Le comité d’organisation a lancé un appel aux dons pour éponger les dettes liées à la location du site, à la sécurité et à la production audiovisuelle nécessaire pour l’homologation.
Le dossier de Delphin Agbetogan rejoint désormais une liste d’attente africaine de plus en plus longue auprès du Guinness World Records. Entre les performances de la Burkinabè Djenebou Banao (17 jours), de la Togolaise Célia Awoussi (15 jours) et de la Béninoise Keith Sonon (16 jours), l’Afrique de l’Ouest confirme sa place de nouvelle place forte de la gastronomie d’endurance.


