Réunie à huis clos ce mercredi 11 mars 2026 à Tchaourou, une délégation de hauts responsables du parti « Les Démocrates » a tenté, en vain, de faire revenir Thomas Boni Yayi sur sa décision de démissionner. L’ancien président maintient son retrait, plongeant la principale force d’opposition dans une zone de turbulences à l’approche des échéances électorales.
L’espoir d’un dénouement rapide s’est envolé après trois heures de discussions intenses. Initialement prévue à Parakou, c’est finalement dans le calme de Tchaourou, fief naturel de l’ancien chef de l’État, qu’une vingtaine de cadres, d’anciens députés et de responsables de la coordination nationale se sont retrouvés pour une mission de la dernière chance.
Un rejet catégorique de la base
La délégation est venue avec un message clair : le refus total de la coordination nationale d’acter le départ de celui qui incarne l’unité et la direction du parti. Selon des sources proches du dossier, les cadres présents ont réaffirmé leur « attachement indéfectible » à Boni Yayi, arguant que son retrait, dans le contexte politique actuel, laisserait un vide structurel difficile à combler.
Pourtant, face à ce plaidoyer, l’ancien président est resté de marbre. Invoquant, comme lors de ses précédentes déclarations, sa volonté de se retirer de la gestion active, il a réitéré sa démission, laissant ses interlocuteurs sans solution immédiate.
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Vers un congrès de tous les dangers ?
Dès la fin de la rencontre, les émissaires ont repris la route vers Cotonou pour rendre compte à la direction nationale. Désormais, le scénario d’un congrès extraordinaire semble être l’option la plus probable sur la table. Un tel événement aurait pour but de :
Entériner officiellement le départ de Boni Yayi.
Élire une nouvelle figure de proue pour diriger la formation.
Recentrer la stratégie du parti face à la mouvance présidentielle.
Cependant, aucune date n’a été arrêtée. « Nous devons d’abord stabiliser les bases avant d’ouvrir la succession », confie sous anonymat un membre influent du parti.
Une opposition à la croisée des chemins
Cette crise interne intervient alors que le parti « Les Démocrates » doit déjà composer avec les défis liés aux réformes électorales et à la préparation des scrutins de 2026. Le départ définitif de Boni Yayi marquerait la fin d’une ère et obligerait l’opposition à se réinventer sans son leader historique.
La question reste désormais de savoir si le parti saura transformer cette crise de leadership en une opportunité de renouvellement, ou s’il s’enfoncera dans des querelles de succession qui pourraient fragiliser sa base électorale.
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